Edition France Soir du lundi 29 octobre 2007 - Propos recueillis par Alexandre Del Valle

 

Italie - La droite bientôt de retour?

Rencontre avec Le sénateur Marcello Pera, numéro deux de l’opposition et proche de Silvio Berlusconi.

 

Ancien président du Sénat et fondateur du groupe de réflexion L’Occidente, le sénateur Marcello Pera est convaincu que la droite reviendra bientôt au pouvoir. Il a entamé une tournée dans toute l’Italie et en Europe afin d’aborder les questions de l’identité, de l’immigration et de l’intégration. Il a accepté de répondre aux questions de FranceSoir.

FRANCESOIR. Quel est votre rôle actuel et votre vision du gouvernement de gauche Prodi ?

MARCELLO PERA. Je dois agir dans l’opposition car ce gouvernement fait beaucoup de mal à l’Italie. Aucun autre pays d’Occident a un gouvernement composé de deux partis communistes et de groupes d’extrême gauche rackettant la majorité.

Qui sera le prochain leader de la droite italienne? Les divisions entre Alliance nationale et la Ligue du Nord l’affaibliront-elles?

Berlusconi demeure l’homme politique qui recueille le plus grand consensus. Le problème ne se poserait que si les élections advenaient dans plusieurs années, mais je ne pense pas. Mais si elles ont lieu bientôt, ce que je pense, il sera le candidat du centre droit. Les autres partis l’ont reconnu.

Vous avez rencontré le pape récemment. Et vous avez écrit avec lui un livre qui appelle l’Europe à retrouver ses racines chrétiennes. Croyez-vous comme lui que l’Europe est en danger d’apostasie?

Je ne souhaite pas parler de cette rencontre privée. La législation européenne en matière de bioéthique est une apostasie, tout comme les mariages homosexuels, l’euthanasie, l’eugénétique. Mais les valeurs traditionnelles comme la défense de la vie, la dignité humaine et la parité hommes-femmes sont menacées en tant que valeurs laïques, les commandements chrétiens pouvant être partagés sur la base de la raison par des non-croyants. J’ai aimé lorsque le président Sarkozy a écrit dans La République, les religions, l’espérance que « la France a des racines chrétiennes, elle a des références chrétiennes, explicites dans sa culture et implicites dans ses institutions ». Il aurait fallu l’inscrire dans le traité européen, mais la priorité est de l’appliquer dans notre vie.

Les thèmes de vos conférences sont la défense de l’Occident et des valeurs judéo-chrétiennes…

Si nous voulons sauver l’Occident et continuer à jouir des avantages de nos sociétés libérales, il ne faut pas oublier les valeurs chrétiennes. Nous ne pouvons pas détacher le libéralisme et la démocratie de leurs fondements religieux. Une société sans valeurs ne survit pas.

Pensez-vous comme Bat Ye’or (*) qu’en critiquant l’Amérique, et en refusant de soutenir l’effort de guerre anglo-saxon en Irak, les Européens soient tombés dans la dhimmitude (NDLR : régime de soumission des non-musulmans sous juridiction islamique)?

Oui. Prenons le cas du discours du pape de Ratisbonne qui dit que le christianisme est la religion de la raison (du logos) et demanda à l’islam de faire de même, l’Europe n’ouvrit pas la bouche face aux réactions violentes du monde musulman.

Que pensez-vous du président Sarkozy et de son projet d’Union de la Méditerranée?

Si unité veut dire organisation politique, je ne suis pas d’accord. Mais je crois que Sarkozy est trop prudent et assez visionnaire pour sombrer sur cet écueil.

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